20 ans de la Centri/itw Fred Fournes

Après avoir cuisiné Françoise Magre sur son expérience à la Centrifugeuse on ne pouvait faire de même avec Frédéric Fournes. Acteur depuis le tout début et même avant, il est aujourd’hui directeur d’un Centre culturel en Belgique. Je vais vous épargner une trop longue introduction ici. Fred s’étant chargé de tout expliquer dans ses réponses.


RC Pau : Quand travaillais-tu au service culturel ? et à quoi ça ressemblait quand tu es arrivé ?

Frédéric Fournes : Au tout début et bien avant La Centrifugeuse, il s’agissait de la Commission Culture de l’U.P.P.A. sous la volonté de Claude Laugénie (Président de l’époque) et Christine Andréucci (Professeur de lettres modernes) qui nous ont malheureusement quitté tous les deux. Je tiens vraiment à leur rendre hommage car ils ont eu à faire face à une opposition assez violente de certains membres (conservateurs) du Conseil d’Administration de l’Université qui s’insurgeaient de cette commission en la traitant de « danseuse du Président ». Si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’ai commencé à m’y investir en 1997 dans le cadre de mon objection de conscience au départ au côté de deux professeurs (Gérard Lahouati et Christiane Albert). Nous partagions un minuscule bureau avec le Centre de Recherche sur la Poésie Contemporaine à la Fac de Lettres. Il était surtout question de journées d’étude et de colloque sur différents auteurs. Avant de rejoindre cette Commission Culture, dans le cadre mon engagement syndical étudiant, je m’étais impliqué dans l’organisation de concerts et d’expositions sur le campus et surtout je militais pour la construction d’une Maison de l’Etudiant. J’avoue que si l’action de cette Commission me semblait très intéressante, elle restait très sectorielle et quelque peu confidentielle.


RC Pau : Quel était ton rôle et quelles évolutions de la structure as-tu connu?

Fred : Dès mon entrée en fonction, j’ai proposé d’élargir le champ des actions et de la programmation et j’ai décidé de sillonner les couloirs, les services, les bureaux et les pelouses du campus pour populariser ce qui deviendra le Service Culturel. C’est d’ailleurs lors de ces campagnes de promotion du service que j’ai fait la rencontre de Françoise Magre que j’ai eu plaisir à débaucher de l’Agence Comptable pour qu’elle nous rejoigne… Comme tout le monde le sait maintenant, Françoise est devenue la « mascotte » de La Centrifugeuse et une seconde mère pour beaucoup… quel ne fut pas mon bonheur de travailler à ces côtés 😉  Très vite, nous nous sommes battus pour obtenir des locaux plus visibles, plus grands et permettant d’accueillir les étudiants et nos partenaires. Fort de mes méthodes de syndicaliste, j’ai « gentiment » posé un ultimatum au Président de l’Université et nous avons pu être relogés dans un loft au premier étage de la Fac des Lettres où dans un souci de convivialité, nous avons maintenu la cuisine et transformé la chambre en Bureau : LA CENTRIFUGEUSE ETAIT NEE !!! Pierre-Henri Ardonceau a alors été nommé chargé de mission et ensemble nous nous sommes battus (bec et ongle, il faut le dire) pour la construction de la Maison de l’Étudiant et La Centrifugeuse telle tout le monde la connait maintenant. Sans Nicolas Michamblé qui a suivi tout le chantier et mis en place la gestion de l’outil et Vanessa Caque qui y a développé une programmation remarquable, tout ceci n’aurait pas été possible avec mon départ à l’agglo de Pau en 2002 et, je dois l’avouer, le résultat est très largement au delà de mes plus grandes espérances.


RC Pau : Quels ont été ton meilleur et ton pire moment à la centri ?

Fred : Les meilleurs souvenirs sont très nombreux : les concerts « à l’arrache » avec Ampli dans les amphis, au resto U… la mise en place de la première édition du festival Accès(s) dans une énergie collective incroyable… Les performances Butô avec la Cie Enfin le Jour ou encore pendant le Festival de Danse Plurielles devant le Resto U… j’en passe et des meilleures…  Du côté des mauvais souvenirs, il y a bien sûr l’incendie qui a dévasté nos locaux (mais qui finalement, d’une certaine manière, nous a permis d’accélérer le projet de construction) et aussi et surtout le cauchemar de la soirée de notre festival de rentrée « Les Zébullitions » sous le grand chapiteau réquisitionné pendant les travaux du Resto U où il n’a jamais autant plu et où avec Françoise, nous étions tous les deux obligés de tenir le tuyau extérieur du chauffage sous la pluie battante qui ne tenait plus afin que les gens ne meurent pas de froid sous le chapiteau. Au final, mes meilleurs souvenirs, ce sont ceux de spectateur de la programmation géniale de la salle une fois construite.

RC Pau : Tu seras aux 20 ans pour mixer parait-il, quand l’aventure a démarré comment imaginais-tu le projet sur le long terme ?

Fred : Impatient de ces deux soirées d’anniversaire, oui ! Comme précisé plus haut, effectivement je ne pouvais vraiment pas imaginer que la Centri allait devenir ce lieu à la programmation si remarquable (dont on a écho jusqu’à Bruxelles où je travaille maintenant) : bravo à Vanessa et à toute son équipe !


RC Pau : Et dans 20 ans, comment tu imagines la centri ? Quelle programmation, quelle place dans la ville ?

Fred : Justement : pour légitimer la construction de La Centrifugeuse, j’avais rédigé mon mémoire de Conception de Projet / Médiation Culturelle sur l’importance de lieu de dialogue entre le Campus et la Cité… ce lien est maintenant effectif. Je vais être tout à fait honnête, il est difficile pour moi de me projeter dans 20 ans dans une ville où je ne vis plus. J’espère simplement que La Centrifugeuse continuera son travail audacieux et exigeant en soutenant toujours autant les artistes et les prises de risque. Longue vie à La Centri !!!


Les 20 ans de la centri c’est toujours deux soirées :

soirée folle : https://www.facebook.com/events/453103108228723/et soirée concerts : https://www.facebook.com/events/837058869742066/

et un site : http://la-centrifugeuse.com/